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The Truman show, Séquence d’ouverture (vonst)

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The Truman show, Séquence d’ouverture (vonst)

Quelle est l’originalité de ce début de film ?

Voir vidéo Séquence d’ouverture ci-après

Voir texte Séquence d’ouverture – Voir Photogrammes Séquence d’ouverture

Cette séquence d’ouverture peut se diviser en deux parties :

  • un « générique » en guise de prologue
  • la première séquence

Ce générique qui n’est pas celui du film mais bien celui de l’émission éponyme nommée The Truman Show dont Truman est le héros.

Après le logo du studio Paramount, Le film The Truman Show débute sans préambule par une déclaration face caméra : l’entretien avec un interlocuteur hors cadre. Cet effet de réel renvoie au genre du documentaire, avec l’importance du regard-caméra, adressé directement au spectateur.

Mais ni l’identité, ni le rôle de la personne à l’écran ne sont indiqués. Cela produit un effet d’autorité qui oriente notre per­ception : nous sommes incités à croire ce qui est dit. (Les paroles de Christof :

« C’est authentique. C’est une vie »

Les entretiens avec Hannah Gill, qui joue Meryl, et Louis Coltrane, Marlon, renforcent ce dispositif de médiation.

« Tout est vrai. Tout est réel. Rien n’est truqué. Il n’y a aucun trucage. C’est juste contrôlé », explique l’acteur.

Puis le titre de l’émission apparaît, en lettres blanches sur fond noir : « The Truman Show ». Peter Weir nous leurre en remplaçant le générique du film par celui de l’émission, qui pré­tend n’être rien d’autre que la captation fidèle de la réalité.

Elle se déroule au petit matin. Le spectateur est mis dans une situation de face à face avec Truman, qui se trouve dans sa salle de bain, 1er regard-caméra, un espace habituellement intime : on le voit à travers une caméra disposée derrière le miroir sans tain. Peter Weir nous place d’emblée en position de voyeur.

On entend la voix de sa femme qui le rappelle à l’ordre.

Carton de l’émission sur fond noir qui indique 10909e jour.

PLUS INFO  Traitement de surface revêtement en pierres naturelles.

Ensuite, on suit Truman qui salue ses voisins en quittant sa maison pour rejoindre son travail.

Nous sommes dans une banlieue proprette, stéréotype de la banlieue américaine paisible. Il fait beau, les oiseaux chantent, les voisins sont courtois et souriants, les hommes sont contents de partir au travail. Tout cela renforce l’illusion d’une vie tranquille et idyllique à Seahaven, évoquant les années 50.

Mais cette impression de perfection poussée à l’extrême sonne faux : Truman est-il vraiment si heureux qu’il s’efforce de paraître ? Sa phrase semble être un leitmotiv qu’il utilise chaque jour : « et au cas où on ne se reverrait pas, une bonne soirée et une excellente nuit ! »

Truman pense s’adresser aux voisins mais le zoom suivi du cadrage fait qu’il s’adresse directement aux spectateurs en « regard-caméra ». Le spectateur du film se confond avec le spectateur de l’émission. Truman lance lui-même son propre show.

L’image bouge et le point de vue choisi suivi du contre-champ sur le voisin révèle qu’il s’agit d’un plan issu de la caméra positionnée dans la poubelle qu’il porte. Caméra portée.

Le spectateur comprend rapidement qu’on l’invite à découvrir les artifices du tournage de l’émission de téléréalité, alors qu’habituellement la mise en scène du film s’attache à les camoufler afin de pouvoir entrer dans le récit. On se prête volontiers au jeu de repérage des caméras. Les angles de prise de vues proposés quoi que relevant toujours du choix d’un cinéaste, sont aussi le reflet les possibilités de filmage dues aux emplacements des caméras qui doivent rester invisible pour Truman même si elles déforment l’image : au sol, en haut, même sur Truman ? = corps-caméra …

Alors qu’il s’apprête à prendre la route, un projecteur dont il ne connaît pas l’origine tombe du ciel. Son nom, Sirius, renvoie à l’étoile la plus brillante du système solaire. Elle a longtemps été un repère pour les marins. Sa chute peut se lire symboliquement comme le début du voyage de Truman vers la vérité. Truman s’interroge sur cette incongruité mais reprend le cours de sa vie en allant travailler comme il le fait tous les jours.

Puis vient la scène de l’autoradio derrière lequel se trouve la caméra : Truman ne fait pas cas de la manière dont l’animateur-radio s’adresse à son auditoire en utilisant le « vous », qui n’est autre que Truman lui-même.

« Et vous, ça va ? Vous envisagez de prendre l’avion ? Non ? Bien ! Je vous propose d’oublier les dangers de l’aéronautique et de vous laisser bercer par cette musique »

Cet aparté a pour objectif de justifier la défaillance technique précédente.

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On a donc la confirmation de la présence d’une entité qui gère, qui surveille, qui contrôle et qui manipule. Le spectateur-observateur est complice de la supercherie.

Ensuite, la mélodie joyeuse et dynamique de La marche turque de Mozart qui accompagne les routines matinales de Truman se fait entendre, agissant comme un signal pavlovien qui lui indique que tout est comme tous les matins.

Vignettage alors que Truman marche dans la rue : il s’agit d’une caméra de surveillance qui suit Truman dans ses déplacements.

Arrive ensuite la scène du kiosque, journaux futiles.

Et celle avec les jumeaux qui plaquent Truman : ils sont au service de l’émission car ils permettent d’avoir un cadrage sur le panneau publicitaire qui relègue Truman au second plan.

Cette séquence d’ouverture introduit la question de la téléréalité en mettant le spectateur du film à la place du spectateur du show, afin qu’il en éprouve un sentiment de voyeurisme et de malaise.

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