Il frappe son père qui ne l’a pas défendu d’un attouchement sexuel

Il frappe son père qui ne l’a pas défendu d’un attouchement sexuel
image Il frappe son père qui ne l'a pas défendu d'un attouchement sexuel

C’est une « relation toxique » entre un fils et son père que devait juger le tribunal correctionnel de Castres ce lundi. Un homme de 26 ans comparaissait pour avoir menacé, bousculé, frappé et même piétiné son père de 62 ans à deux reprises en juillet dernier et ce week-end à Grazac et Saint-Sulpice.

« Il vous héberge et c’est comme ça que vous le remerciez ? l’interroge le président. Votre père dit que vous le considérez comme son larbin ». Le jeune homme, penaud, reconnaît les faits, regrette ses accès de colère, s’excuse mais fini par fendre l’armure grâce aux questions du magistrat. Et en pleurs, il explique à la barre pourquoi il en veut à son père. Il affirme avoir subi des attouchements lorsqu’il était enfant par un ami de son père qui ne l’a « pas défendu et pas cru ».

“Aucune reconnaissance”

Une rancœur accumulée au fil des ans « sans un pardon, ni même une larme » dans un contexte familial et social compliquée, avec une mère, séparée, sous tutelle et un père qui vit dans le dénuement. « Je suis revenu chez lui pour l’aider, essayer de remettre la maison en état alors qu’il vivait sans eau courante ni électricité et je n’ai aucune reconnaissance », lâche le jeune homme régulièrement «poussé à bout » par son père selon des proches.

« C’est dommage d’arriver à parler prison alors que vos problèmes sont davantage psychologiques, lui glisse un magistrat qui lui explique qu’il peut encore déposer plainte pour l’agression sexuelle qu’il a subie. Il ne faut rien attendre de votre père. Vous essayez de provoquer des choses qui n’arriveront pas ». « L’exemplarité c’est à vous de l’avoir même si votre père n’a pas été exemplaire quand vous étiez enfant », a indiqué le procureur rappelant que le tribunal devait juger le prévenu et pas son père. Son avocat a rappelé l’histoire chaotique de son client qui a quand même trouvé un travail en CDI. « Quand on a un tel passif on ne pas tout gérer de front », affirme Me Bousquet. « Je pensais pouvoir aider mon père mais je n’ai pas les épaules », admet le jeune homme. Un tribunal qui a suivi les réquisitions du parquet en condamnant le prévenu à 9 mois de prison ajouté à 3 mois de révocation partielle d’un précédent sursis probatoire.

Mais compatissants, les juges lui laissent « une dernière chance » en aménagement la peine en un placement extérieur avec une obligation de soins, de travailler et une interdiction de rentrer en contact avec son père et de détenir une arme. « Merci », lâche le jeune homme reconnaissant. 

Source : La Dépêche
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