Rugby – Référendum de la FFR : le Tarn divisé

Rugby – Référendum de la FFR : le Tarn divisé

l’essentiel Alors que les clubs voteront la semaine prochaine pour dire oui ou non à l’intérim de Patrick Buisson à la tête de la FFR, les avis sont partagés dans le Tarn entre les prises de position du comité départemental et du Castres Olympique.

Les clubs amateurs de l’Hexagone vont devoir à nouveau passer aux urnes. Ce vote – par voie électronique –, qui débutera à 12 heures lundi 23 janvier, pour se clôturer à la même heure le jeudi 26 janvier, vise à approuver ou non la désignation de Patrick Buisson en qualité de président-délégué de la Fédération française de rugby (FFR). Un référendum dont l’organisation est devenue une nécessité depuis que le président élu en 2020, Bernard Laporte, s’est mis en retrait de son poste. L’ancien sélectionneur, condamné le 13 décembre par le tribunal correctionnel de Paris pour divers faits commis dans l’exercice de ses fonctions (trafic d’influence, corruption passive…) – il a fait appel de la décision –, s’est effacé de son poste sous les demandes de la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, et du comité d’éthique de la FFR. Pour le remplacer, il a proposé Patrick Buisson, vice-président en charge du rugby amateur, choix approuver par le bureau de la FFR mais que les clubs amateurs doivent valider à leur tour pour l’entériner. Une consultation épineuse qui voit deux camps se faire face, comme dans le Tarn entre le Castres Olympique et le comité.

Le CO votera « non »

Yves Salvaire, président de l'association Castres Olympique.
Yves Salvaire, président de l’association Castres Olympique.

Le Castres Olympique a fait part de sa position sur ce référendum par la voix du président de l’association Yves Salvaire qui a envoyé un courrier à tous les clubs du département. Nous nous sommes procuré ce courrier. « Nous avons bien pris connaissance des arguments des deux camps et du communiqué du comité du Tarn de rugby en date du 12 janvier 2023. Pour notre part, le Castres Olympique votera « non » au référendum concernant la mise en place d’un président délégué de la FFR, écrit Yves Salvaire avant d’expliquer ce choix.

Dans un contexte où de nombreuses affaires concernant la gestion passée de la FFR et du GIP Coupe du Monde, liées à de graves anomalies dans la gestion de ces instituions nuisent considérablement à l’image du rugby français, nous souhaitons que de nouvelles élections se déroulent dans les meilleurs délais afin de permettre quel que soit le président élu d’aborder la coupe du Monde avec une gouvernance stable et un vrai président de plein exercice représentatif et légitimé par l’ensemble des clubs. En cas d’échec du référendum, nous pourrons tous ensemble, clarifier une situation qui mérite de l’être et enfin sortir d’un climat délétère très éloigné de ce que nous essayons les uns et les autres de mettre en œuvre au niveau local avec simplicité, passion et solidarité. Demain nous voulons juste que l’on parle de rugby de façon valorisante, de nos problèmes au quotidien et du développement de nos clubs. Il ne fait aucun doute qu’il y aura très vite des élections si ce référendum échoue et en suivant, une gouvernance légitime qui pourra, quels que soient les élus, aborder l’avenir avec confiance et sérénité. Nous souhaitions, dans le respect des avis de chacun et de nos instances départementales et régionales vous exposer clairement notre position ».

Le comité appelle au « oui »

Alain Rey, président du comité 81.
Alain Rey, président du comité 81. DDM – MARIE-PIERRE VOLLE

Préférant d’abord ne pas dévoiler publiquement son avis quant au référendum à venir, le comité de rugby du Tarn est finalement revenu sur sa position. « Totalement confiant en la personnalité de Patrick Buisson, il (le comité) appelle les clubs tarnais à confirmer cette nomination », s’est-il fendu dans un communiqué. S’il a décidé de partager son opinion, c’est notamment dû à un événement : « Dans le Tarn, on a pris l’habitude de régler nos problèmes entre nous […]. C’était le cas […], jusqu’à ce que le collectif « Ovale Ensemble » (opposition FFR), publie sur les réseaux sociaux une déclaration du Castres Olympique favorable à ses thèses. Cette extension au public d’un document a priori réservé aux clubs tarnais, nous oblige à rentrer à notre tour dans la mêlée. » Appréciant particulièrement « les liens sportifs étroits » entre les clubs tarnais et le « grand frère », le comité rappelle que ces liens « n’empêchent pas chacun d’avoir sa propre identité et son point de vue sur la gestion du rugby amateur. »

Le comité interpelle notamment sur l’impossibilité de convoquer de nouvelles élections du comité directeur de la FFR, une demande de l’opposition. « Le délai envisagé (4 à 6 semaines) est impossible à tenir si l’on respecte les statuts », qui prévoient « une période préélectorale de 9 mois (art 9.2 du règlement intérieur), et une période officielle de campagne électorale de 2 mois (art 9.3) », avait d’ailleurs informé le comité le 10 janvier dernier. Il souhaite ainsi éviter toute vacance et instabilité à 8 mois du Mondial en France. Saluant les résultats de la gouvernance actuelle (« succès des Bleus, croissance des effectifs (+10 % dans le Tarn), soutien aux clubs pendant la période Covid »), le comité du Tarn défend « l’idée d’un président de la FFR issu de la liste majoritaire […]. Le programme sur lequel nous avons été élus en 2020 (FFR/Ligue Oc, CD 81) doit pouvoir se poursuivre sans interruption ».

Source : La Dépêche
Pour vous abonner à La Dépêche

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *