Ils sauvent des poules de l’abattoir pour les faire adopter en animaux de compagnie

Ils sauvent des poules de l’abattoir pour les faire adopter en animaux de compagnie
image Ils sauvent des poules de l’abattoir pour les faire adopter en animaux de compagnie

l’essentiel Un couple de Tarnais fait partie de l’association « Champs Libres Aux Poules » et proposait ce week-end une distribution de poules sauvées de l’abattoir.

« Ça y est, papa et maman viennent vous chercher », lâche en rigolant Valérie à l’attention des 233 poules qu’elle s’apprête à donner à une cinquantaine de personnes qui viennent les adopter. Et cette bénévole tarnaise de l’association « Champs Libres Aux Poules » assume complètement son côté « gaga » avec ces animaux trop souvent sous-estimés pourtant « très intelligents, adorables et doués d’une sensibilité ».

Valérie et son compagnon Christophe organisaient ce week-end leur 10e sauvetage de poules dans leur propriété située entre Vielmur et Puylaurens. Ils font partie de la soixantaine de bénévoles répartis dans tout le sud de la France de l’association « Champs Libres Aux Poules », créée il y a 2 ans par la Gersoise Heidi Carneau, qui a pour but de récupérer chez des éleveurs des poules pondeuses d’élevage destinées à l’abattoir dès leurs 18 mois et de les faire adopter comme animal de compagnie. 1 500 poules ont été sauvées ce week-end et dispatchées chez différents membres de l’association qui assurent la distribution aux personnes qui souhaitent en prendre chez eux.

“Quand on met un suppositoire à une poule, on passe un cap!”

« On est arrivés des Bouches-du-Rhône il y a 4 ans dans le Tarn pour un choix de vie. Et on a tout de suite voulu des poules. Et on a mis le doigt dans l’engrenage, explique Valérie qui a 17 poules aujourd’hui. Au départ c’était pour les œufs mais on a vite compris que ce n’était pas que des machines à pondre. Ce sont des animaux aimants, formidables. Elles sont devenues nos copines. On leur donne des petits noms. On les soigne. Et quand on met un suppositoire à une poule, on passe un cap ! On se fiche qu’elles pondent ou pas après. Celles qu’on soigne sont encore plus reconnaissantes que les autres. Et quand elles meurent, on pleure et on les enterre ».

Et le discours d’Heidi Carneau, qui veut faire évoluer les mentalités afin que les poules soient perçues comme des animaux de compagnie à part entière, a séduit le couple de Tarnais qui s’est porté volontaire pour ouvrir un point de collecte chez eux.

«Des animaux sensibles qui ont des caractères différents»

« Mais on n’est pas des vendeurs de poules. Je discute avec les personnes qui viennent les chercher pour m’assurer qu’elles seront bien traitées et en sécurité », confie encore Valérie.
D’ailleurs les adoptants signent une charte éthique en plus de verser 4 € par poule pour faire fonctionner l’association. Certains n’hésitent pas aussi à donner de leur temps comme Gaëlle venue de Saint-Pierre-de-Trivisy adopter 15 poules et aider à la distribution. « On a déjà 21 poules chez nous. Ce sont des animaux sensibles qui ont un cerveau et des caractères différents, confie Gaëlle qui a créé il y a un an l’association l’Arche des fou’gères pour sensibiliser à la maltraitance animale en élevage et qui recueille des animaux destinés à l’abattoir comme des chevaux ou des chèvres. Ils peuvent tous se mélanger, c’est beaucoup mieux que les humains ! »

Lionel avait, lui, réservé 4 poules. « J’ai déjà 3 chiens et 2 chats que l’on a adoptés à la SPA, confie ce retraité castrais qui a bien l’intention de « bichonner » ses poules. Ma fille a des poules et j’en avais soigné une en lui mettant des pansements et de la Bétadine pendant une semaine. Et maintenant, elle court vers moi dès qu’elle me voit ».

Martine a fait la route depuis Lagrave pour adopter 5 poules afin d’avoir des œufs. « C’est quand même dommage qu’elles finissent à l’abattoir, elles sont encore jeunes », lâche-t-elle. « Ce n’est pas la faute des éleveurs, ils sont obligés de les réformer à 18 mois », explique Valérie qui assurera un nouveau sauvetage le 11 février.

Renseignements sur le site de l’association champslibresauxpoules.com

Source : La Dépêche
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