Comment la mode du “Made in France” relance la filière cuir dans le Tarn

Comment la mode du “Made in France” relance la filière cuir dans le Tarn
image Comment la mode du "Made in France" relance la filière cuir dans le Tarn

l’essentiel Ce jeudi, L’Atelier Cuir, qui travaille pour les grandes maisons de luxe inaugurera une nouvelle unité de production à Graulhet, avec une quinzaine d’emplois à la clef, dont l’ancienne députée Verdier-Jouclas. Cet ancien bassin sinistré connaît un nouveau regain d’intérêt, depuis que les marques mettent en avant le “made in France”.

LVMH, Kering, Vuitton, des noms qui font rêver dans le monde du grand luxe. Delphine Monnet Meiler, fondatrice de l’Atelier Cuir, le côtoie régulièrement. Ils sont ses clients. «Il y a 30 ans, j’ai fait un stage de tannerie à Briatexte. Tout démarre de là. Depuis mon ambition était de m’installer ici, dans le Tarn».

Ce projet se concrétisera ce jeudi, avec l’inauguration d’une nouvelle unité de production à Graulhet, la cité du cuir. «Les grandes maisons veulent aujourd’hui du Made in France. Certains de nos modèles sont fabriqués actuellement en Pologne. Nous visons à ramener cette production dans le Tarn», justifie la fondatrice.

Installé depuis 2014 à Paris, l’Atelier Cuir qui compte 20 salariés, disposait déjà dans la capitale d’une unité de confection de vêtements en cuir et peau lainée de qualité premium. Quand on propose des vêtements pour les collections de Louis Vuitton, Hermès, Courrèges, Lanvin, Hermès, Mugler ou encore Agnès B, il faut un savoir-faire et une exigence de tous les instants.

L’ancienne députée Verdier-Jouclas embauchée comme directrice générale

L’unité tarnaise répondra aux mêmes exigences. Pour que son rêve d’adolescente devienne réalité, Delphine Monnet Meiler s’est d’abord attelée à la formation de 24 personnes, dans le cadre du plan Innov’Emploi financé par la Région et par Pôle emploi. Pendant 6 mois, en 2022, l’Institut Français du Textile et de l’Habillement leur a appris les différents métiers. 

«À la fin de la formation, nous avons gardé 13 personnes et fait trois embauches de techniciens qui avaient déjà les compétences». Au total, 16 salariés (9 CDI et 7 CDD), 14 femmes et 2 hommes composent l’unité graulhétoise. Une directrice d’atelier, 3 coupeurs, 2 finisseuses, 6 piqueuses et 4 tableuses», précise la cheffe d’entreprise.

«50 % de la production actuellement sous-traitée en Europe, sera faite à Graulhet. Dans 2 ans, c’est la totalité de cette sous-traitance qui sera produite à Graulhet pour permettre aux maisons haute couture d’afficher du «made in France», ajoute l’ancienne députée Marie Christine Verdier Jouclas, désormais directrice générale de L’Atelier Cuir.

L’ambition est clairement affichée : Graulhet doit reconquérir l’Europe

La majorité des candidats retenus n’avaient jamais vu une machine à coudre. «Ce qui comptait c’est la motivation et la compétence de celles et ceux qui souhaitaient travailler avec nous». Les enjeux environnementaux ne seront pas négligés : «Nous avons obtenu en 2021 la plus haute distinction internationale, la norme LWG (Leather working group). Nous voulons démontrer les valeurs écoresponsables de la filière cuir et devenir leader», affirme la directrice générale.

L’Atelier Cuir veut aussi jouer groupé pour relancer le secteur de la mode dans la région. «Nous avons les clients et les commandes. Dans un contexte mondial compliqué à déchiffrer et en perpétuel mouvement, ils veulent s’assurer d’un parfait suivi de production. Ils redécouvriront notre savoir-faire régional dans un lieu unique rassemblant tanneurs, mégissiers et fabricants».

L’ambition est clairement affichée : Graulhet doit être la ville du cuir en France et reconquérir en Europe la place qui était la sienne il y a encore quelques années. Dès à présent, à Graulhet, une première production (jupe et cardigan) pour Agnès B est sortie début janvier. Les prochains clients ? Louis Vuitton et Thierry Mugler.

Source : La Dépêche
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