Agriculture paysanne, Amap, zéro déchets : comment les crises déstabilisent les circuits alternatifs d’alimentation

Agriculture paysanne, Amap, zéro déchets : comment les crises déstabilisent les circuits alternatifs d’alimentation

l’essentiel Après une fin d’année 2022 marquée par les crises, les circuits alternatifs d’alimentation restent encore dans l’incertitude, en ce début d’année 2023, entre résilience, effets de l’inflation et perte de pouvoir d’achat des habitants. Le point à Albi.

Que ce soit le “zéro déchet” ou l’association pour le maintien d’une agriculture paysanne, les occasions de changer ses habitudes de consommation ne manquent pas dans la cité épiscopale. Pourtant entre inflation et bonnes résolutions, le cœur de nombreux Albigeois balancent encore. Que pourrait donc bien réserver l’année 2023 ?

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Zéro déchet 

Du côté du commerce zéro déchet “Au Drive En Pot”, on propose, depuis avril 2019, aux Albigeois de faire leurs courses sans emballage jetable, en leur préférant des bocaux mis à disposition contre une petite participation.

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Un concept qui a su séduire en profitant de la crise sanitaire. “Le confinement en 2020 nous a fait exploser, notre concept a répondu à une demande forte de consommer différemment”, explique Monique Cazeaux cogérante de la supérette avec sa fille. “L’année d’après, on est revenu à la réalité. Entre-temps, nous avons déménagé et on est passé de 150 à 750 références, en travaillant avec 60 producteurs locaux.” Une dynamique qui s’est consolidée grâce à l’investissement dans une boutique physique, située depuis 2021 au 146 route de Millau, ou deux apprentis travaillent depuis septembre.

Monique Cazeaux est co-gérante du commerce avec sa fille.
Monique Cazeaux est co-gérante du commerce avec sa fille. DDM – EMILIE CAYRE

Pourtant, l’inflation et la crise énergétique perturbent cette organisation si bien huilée. “On reste, moins cher qu’en grande surface, si on compare la quantité et le prix”, complète d’abord Monique Cazeaux. “On n’augmente pas pour augmenter, mais nous nous adaptons aux producteurs. Depuis le début, notre pari, est d’ouvrir ce genre de concept à des familles et à ceux qui ne peuvent pas forcément se permettre de manger bon et bien. Mais contrairement à ce qu’on peut penser, il est plus facile de négocier avec les producteurs locaux. Ils vivent la même réalité que nous.”

Malgré tout, la commerçante, en a bien conscience, avec l’augmentation du prix du verre et des capsules, il pourrait y avoir des impacts dans les prochains mois, même si la cogérante se veut  confiante. “On fait de l’économie circulaire, cela nous rend résiliant. Mais il y a quelque chose qui a vraiment changé, c’est que nous n’avons plus beaucoup de visibilité. On ne s’adapte plus au trimestre ou à l’année, mais au mois.”

Agriculture paysanne

Dans un autre quartier de la ville, l’association pour le maintien d’une agriculture paysanne ou AMAP d’Albi La Madeleine organise des distributions de produits précommandés le mardi soir, rue du Capitaine-Julia. Elle aussi doit s’adapter aux nouvelles normes économiques.

En 2020, l’AMAP, qui a dépassé les 15 ans d’existence, a dû faire jouer la solidarité. “Il y a eu beaucoup de solidarité qui s’est mise en place. Mais la fréquentation n’a pas diminué. Nous avons entre 100 et 120 familles à l’année”, confirme Wilfried Croses, co-administrateur de l’AMAP. Chaque année, l’association perd en moyenne une vingtaine de familles et en récupère tout autant de nouvelles. “Mais l’année dernière, nous avons commencé à voir que sur les paniers de légumes, certaines familles ne s’engageaient plus. Ils n’osaient pas s’engager sur un an. C’est inquiétant pour l’avenir.”

L'AMAP est aussi un engagement moral avec les petits producteurs locaux.
L’AMAP est aussi un engagement moral avec les petits producteurs locaux. DDM – EMILIE CAYRE

Pour assurer le maintien de l’association, les bénévoles ont misé sur des boîtages et de l’information de proximité, pour inciter les habitants à découvrir le dispositif. Du côté des paysans, on reste optimiste, à l’image de la ferme biologique de Florence Peloux et son pain au levain naturel, pour qui la résilience est l’une des clés de la réussite. “Les situations varient selon les producteurs. Nos prix sont ceux des producteurs. Par exemple, nous avons dû augmenter le prix de nos paniers de légumes, mais nous restons confiants, même si l’année 2023 pourrait nous réserver quelques surprises”, conclut Wilfried Croses.

Source : La Dépêche
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