Le teen movie

Le teen movie
Fureur de vivre Le teen movie

Le teen movie est à la base un film sur et pour les adolescents (au contraire de films sur des adolescents ciblant un public adulte, comme par exemple L’enfance nue de Pialat, 1968). Rappelons que teenager signifie adolescent en anglais.

Les personnages sont généralement âgés de 13 à 19 ans, en rébellion contre le monde des adultes car si jusque dans les années 1940, au plus fort de la guerre, la figure du père est perçue comme un héros, ce ne sera plus le cas dans les années suivantes où la paternité sera bien souvent défaillante. Nous pouvons déceler les prémices du teen movie dans les années 1950 avec des films iconiques comme L’équipée sauvage (Lazlo Benedek, 1953) avec Marlon Brandon et surtout La Fureur de vivre (Nicholas Ray, 1955) avec James Dean et Graine de violence (Richard Brooks, 1955) qui popularise le rock’n’roll auprès des jeunes avec le hit Rock around the Clock chanté par Bill Haley. C’est à cette époque qu’émerge véritablement la « culture teen », une culture antagoniste puisque l’adolescent se rebelle contre le modèle paternaliste et américain tout en le nourrissant abondamment car devenant lui-même un consommateur important de la culture de masse (alcool, cigarettes, voitures, disques, télévision…).

Les personnages sont en quête d’identité, entre deux âges (enfance, adulte), et cherchent à se construire en affirmant leur virilité (le corps se métamorphose) puis en vivant leurs premiers émois amoureux (allant jusqu’à la perte de leur virginité). Ces films mettent donc en scène des héros qui sont en général des garçons, bad boys à la tête d’une bande de jeunes désœuvrés qui tombent souvent amoureux non pas d’une « fille facile » de leur milieu mais d’une belle inaccessible, de condition supérieure.

L’acte fondateur du teen movie correspond à la sortie d’American Graffiti (George Lucas, 1973), bientôt relayé par American College (John Landis, 1977). Les jalons du teen movie sont désormais posés : les relations psychologiques entre les adolescent(e)s est le moteur de l’histoire, avec des étapes qui seront franchies par les uns ou les autres, favorisant leur développement personnel et l’affirmation de leur identité. La réalisation est à leur hauteur, presque physiquement parlant (caméra au milieu des élèves dans les couloirs, etc.) et l’adulte n’a que peu de place, que ce soit dans l’histoire ou dans le cadre de l’image.

Le genre connaît un âge d’or au cœur des années 1980, avec les films cultes de Francis Ford Coppola Outsiders (1983) et Rusty James (1983) puis Breakfast Club (John Hugues, 1985), La folle journée de Ferris Bueller (John Hughes, 1986)…

Le cadre est souvent le même : une banlieue américaine proprette, très blanche, au sein de la classe moyenne. Il y est beaucoup question de rivalité, non plus à l’égard de l’adulte ou du père mais de ses pairs du même sexe. Questions existentielles également. Du regard des autres aussi. Et bien sûr, question in fine de la rencontre amoureuse.  Les codes du teen movie agissent comme des invariants : les intrigues et les personnages sont assez stéréotypés. Les sentiments sont exacerbés, il y a souvent une sur-dramatisation des conflits et des réactions. Les lieux sont peu ou prou les mêmes : établissements scolaires avec leurs inévitables couloirs à casiers (hauts lieux de rixes et de rencontres amoureuses), la maison familiale (en particulier la chambre d’adolescent), la voiture, la ville (ses bars, ses trottoirs, ses cinémas, ses centres commerciaux…). Le tout est le plus souvent servi sur le ton de la comédie.

Le teen movie parvient à se décliner dans différents genres : la comédie musicale avec Grease (Randal Kleiser, 1978), la science-fiction avec Une créature de rêve (John Hughes, 1985) et surtout Retour vers le futur (Robert Zemeckis, 1985) et ses suites, l’aventure avec Les Goonies (Richard Donner, 1985), l’anticipation (le violent Class 1984 de Mark L. Lester, 1982), le film d’arts martiaux avec Karaté Kid (John G. Avildsen, 1984) et même la comédie grivoise avec Porky’s (Bob Clark, 1982).

Source : Média Tarn

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