Le Tarnais Michel Combes a marqué l’histoire de la moto dans les années 70

Le Tarnais Michel Combes a marqué l’histoire de la moto dans les années 70

l’essentiel Le Tarnais, Michel Combes, a marqué l’histoire du moto-cross dans les années « 70 ». Il tiendra ensuite plusieurs concessions motos dans le Tarn. Retour sur une carrière bien remplie.

À quel âge avez-vous débuté le moto-cross ?

À mes débuts en 1967, j’avais 16ans. On me présentait comme le plus jeune pilote français. J’ai commencé avec une 250cc, préparée par mon père, un ex-champion de moto-cross, ce qui m’a facilité la tâche.

Très vite, vous grillez les étapes…

La première année, je gagne le Trophée espoirs. En 1968, à 17ans, je suis qualifié en inter 250, je finis 5e. En 1969, je suis champion nationale 250/500 en remportant toutes les manches. Et je signe un premier contrat avec une moto anglaise AJS.

Michel Combes jamais loin des terrains de cross./ DDM
Michel Combes jamais loin des terrains de cross./ DDM

Se retrouver pilote d’usine était une chose rare au début des années « 70 » ?

J’ai un contrat usine avec la marque espagnole Montesa, mais le statut de pilote professionnel n’existait pas à l’époque. Il fallait avoir un métier. J’étais mécanicien moto chez mon père. J’ai effectué quelque 300 courses internationales en France et à l’étranger. J’en garde des souvenirs très forts notamment une 3e place à la coupe du Roi en Belgique (40 000 spectateurs) derrière Joël Robert et Roger De Coster les 2 champions du monde en titre. Un de mes plus beaux souvenirs restera mon titre de champion de France 500 inter en 1975.
Dans les années « 80 », les frères Portal, qui produisent une moto française révolutionnaire me proposent de piloter leur nouvelle 500cc. Le projet m’intéresse et la moto me convient. Denis Portal est un préparateur hors pair. Le binôme fonctionne bien, puisqu’après six courses, je suis en tête du championnat. Une blessure au genou m’empêchera de finir la saison. Je finirai ma carrière de cross avec Suzuki et sa RM500 toujours dans les 5 premiers du championnat.

Durant cette carrière, vous avez fait de belles rencontres ?

Oui, j’ai fait des belles rencontres et tisser des liens d’amitié dans beaucoup de pays, que j’ai encore après plus de 40 ans. Et j’ai eu aussi l’occasion de faire des rencontres insolites et inattendues, comme le prince Albert de Monaco en plein désert du Ténéré lors du Paris Dakar 86. (il me doit d’ailleurs une bière !), ou encore Freddie Mercury (je ne savais qui c’était en ce moment-là) chanteur des Queen lors d’un clip vidéo moto et musique en Argentine en 1981, et aussi le Roi Baudoin et la Reine Fabiola de Belgique lors d’un match de foot au stade mythique du Heysel à Bruxelles…

En 1975, il est sacré champion de France./
En 1975, il est sacré champion de France./

Ensuite, vous vous engagez en rallyes raid…

J’ai fait plusieurs rallyes avec quelques bons résultats et victoires d’étapes, comme les Pharaons d’Egypte, la Baja 500 tunisienne, ou encore 4 fois l’Atlas au Maroc (j’ai fini 2 au dernier derrière Lalay et devant Rahier les bons de l’époque) et aussi le Dakar 86.
J’ai même fait des courses de vitesse pour le plaisir, notamment deux fois les 24 h du Mans.

Qu’avez-vous fait après votre carrière ?

On n’était pas pilote professionnel à l’époque. Je faisais quelques pages pour des magazines moto, j’avais monté une école de pilotage, je créais et redessinais des terrains de cross. Puis en 1985, j’ai eu une opportunité de reprendre un petit magasin de moto sur Albi pour ouvrir une concession Suzuki. Six ans après, j’avais une entreprise de 12 personnes, 2 magasins (Albi et Castres), toutes les concessions sauf Honda. Cela a été aussi une période intéressante et enrichissante, notamment avec le club des DCF du Tarn, mais aussi épuisante. J’ai vendu mes affaires en 2005 et pris ma retraite commerciale définitive en 2009.

Vous avez aussi aidé de jeunes pilotes…

J’ai été heureux d’inspirer et motiver les futurs premiers champions français comme Jacky Vimond ou Jean-Jacques Bruno, qui m’ont avoué avoir été un exemple pour eux.
La moto m’a beaucoup donné. Aussi quand j’ai reconnu des jeunes pilotes de talent, j’ai voulu les aider. Ce fut le cas avec Jérémy Tarroux, que j’ai découvert à l’âge de 10 ans, un jeune pilote doué d’un talent hors norme. Je suis heureux d’avoir pu contribuer à ses multiples titres de champion de France, d’Europe ou du monde, tant en cross qu’en enduro. Mais le plus important reste l’amitié qui continue à nous unir, comme c’est le cas aussi actuellement avec le jeune champion de SX Calvin Fonvieille.

Michel, si vous deviez recommencer ?

J’ai été bien servi, ne changez rien pour moi ! Merci la vie.
 

Source : La Dépêche
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