Top 14 – avant Stade Toulousain-Castres Olympique ce samedi : Nick Champion de Crespigny, la bonne rame

Top 14 – avant Stade Toulousain-Castres Olympique ce samedi : Nick Champion de Crespigny, la bonne rame
image Top 14 - avant Stade Toulousain-Castres Olympique ce samedi : Nick Champion de Crespigny, la bonne rame

l’essentiel Avant de connaître le succès avec le CO, le troisième ligne, titulaire contre le Stade Toulousain ce samedi soir (21h), a pratiqué l’aviron, faisant même partie des meilleurs jeunes de son pays. Une discipline dont il a su extraire certaines qualités pour servir sa vie de rugbyman.

Autant que son jeu, son nom a attiré l’œil. Champion de Crespigny. Pas commun pour un Australien. « Je suis un peu français, plaisante le troisième ligne du Castres Olympique. Mon nom est originaire de Normandie. En fait, une partie de ma famille vivait dans cette région avant d’émigrer – je ne saurais pas dire quelle année par contre – en Angleterre, puis de venir en Australie. » Ces profondes racines françaises, ainsi que les séjours vacanciers de sa jeunesse dans le Sud-Est ont peut-être favorisé l’adaptation de Nick Champion de Crespigny à la vie castraise. Arrivé durant l’été 2021 dans le Tarn, il s’est rapidement fondu dans le collectif du CO, devenant l’un des acteurs majeurs du superbe exercice passé.

Mais avant de naviguer sur les pelouses et de faire chavirer les supporters castrais par ses plaquages toujours rugueux – « Je préfère faire gagner un match par un plaquage que par un essai, la défense, c’est mon point fort », confie l’Australien –, c’est sur les eaux calmes des rivières ou bassins aussies qu’il a étalé ses capacités physiques de grand gaillard (1,93m ; 110 kg), pratiquant, durant son adolescence et son cursus à la Canberra Grammar School l’aviron. « C’est un sport très présent à l’école. Beaucoup de mes amis en faisaient et j’ai commencé vers 13 ans. J’ai vu que je n’étais pas trop mauvais et j’ai apprécié la discipline », raconte celui qui a connu Tom Staniforth dans cette école de la capitale australienne – « Il était deux ans au-dessus de moi. »

Plus collectif qu’individuel

Pas trop mauvais ? Un euphémisme. Car Nick Champion de Crespigny figurait parmi les meilleurs espoirs de son pays. En 2013, il est sélectionné pour représenter le Territoire de la Capitale Australienne (sorte de mini-région administrative) au Festival olympique australien de la jeunesse, mettant aux prises les meilleurs athlètes, âgés entre 13 et 19 ans, de diverses nations dans différents sports. Une aventure d’ailleurs partagée avec son jeune frère Alex. « On a débuté l’aviron ensemble, mais il a arrêté avant moi, à 15 ans, sourit Nick. On a aussi joué au rugby tous les deux dans l’équipe de l’école, il occupait le poste d’ailier. » Le troisième ligne du CO a notamment ramé avec Caleb Antill, médaillé de bronze aux JO de Tokyo en 2020 avec l’Australie (en quatre de couple).

Mais au moment d’entrer à l’université de Sydney pour un Bachelor d’économie, Nick Champion de Crespigny, cousin du pilote Richard Champion de Crespigny, connu pour avoir fait atterrir un A380 de la compagnie australienne Qantas dont un moteur avait explosé en plein vol en 2010, a été contraint de délaisser l’aviron pour se consacrer au rugby, son sport de prédilection : « J’ai préféré le rugby car je me retrouvais plus dans cet aspect de combat et de vie de groupe, plus présente qu’en aviron, qui devient très individuel après l’école. Au rugby, après une victoire, tu vas boire une bière avec tes coéquipiers, tu célèbres les événements ensemble, tu voyages. »

Construction personnelle

Grâce à ses séances, rames en main, le sécateur du CO s’est construit personnellement, a compris qu’en sport, on n’avait rien sans rien. Sa trajectoire dans l’ovalie, qui l’a vu entre autres participer aux pré-saisons de Super Rugby avec les Waratahs et les Melbourne Rebels, et remporter deux Shute Shield (2019 et 2019, compétition regroupant les 12 meilleurs clubs de Sydney), avec son université, est en partie due à tout ce que lui a apporté son passage sur les embarcations. « J’ai saisi cette relation entre travailler dur et l’obtention de résultats, de même que ce sport m’a conféré une certaine structure d’entraînement. Entre les séances avant et après les cours, plus les devoirs et mes entraînements de rugby, cela m’a appris à me cadrer. »
Et si aujourd’hui, son planning de joueur professionnel ne lui laisse que peu d’opportunités de pratiquer l’aviron, il apprécie toujours faire des « extras » sur le rameur de la salle de musculation du CO, où, à l’occasion de ses retours en Océanie, retrouver le gymnase de son école pour ramer en compagnie d’amis ou d’étudiants de la Grammar School. Qui sait, peut-être un jour voguera-t-il sur l’Agoût.

Source : La Dépêche
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