À Castres, le refus de planter “l’arbre de la laïcité” fait grincer des dents

À Castres, le refus de planter “l’arbre de la laïcité” fait grincer des dents
image À Castres, le refus de planter "l’arbre de la laïcité" fait grincer des dents

l’essentiel Derrière la jolie cérémonie, le couple Gau était amer après le refus de la mairie de planter l’arbre de la laïcité dans la cour de l’école Bisséous. Pascal Bugis s’en était expliqué par mail.

« L’arbre de la laïcité » est planté chaque année en France pour célébrer l’anniversaire de la Loi de séparation des Églises et de l’État, du 9 décembre 1905. Dans l’école Bisséous de Castres, le ficus restera dans un pot, dans la cour de l’école.

Dans un mail adressé à Jean-Pierre Gau, daté du 15 novembre, Pascal Bugis a détaillé les raisons de ce refus : « Vous avez choisi, pour des raisons que j’ignore, l’école de Bisseous parmi les 13 écoles élémentaires de Castres. D’aucuns pourraient y voir une forme de stigmatisation. Quant à m’associer à l’évènement médiatique que vous souhaitez organiser à l’intérieur d’une propriété de la Ville de Castres, je ne peux l’envisager tant que les atteintes à la laïcité en France ne seront pas traitées comme elles devraient l’être au plus haut niveau de l’Etat. C’est un problème trop sérieux pour feindre de croire qu’un arbre dans une école pourrait y mettre un terme. »

Une décision qui ne passe pas auprès du président de l’amicale laïque de Castres, qui l’a indiqué lors de sa prise de parole, durant la cérémonie du 9 décembre : « Normalement je n’aurais pas dû prendre la parole. L’amicale laïque a décidé de remplacer les élus de la République qui n’ont pas voulu organiser cette cérémonie et ont refusé la plantation de cet arbre de la laïcité », a-t-il indiqué en préambule, avant d’offrir en fin de discours un chèque de 150 € à l’école au nom de l’amicale.

« La laïcité garantit la liberté de croire ou non »

La polémique de côté, l’événement de quelques minutes était beau à voir, avec des enfants fiers d’exposer leurs œuvres et de partager leur message d’ouverture, en chanson ou en poésie. « Je remercie les enfants qui se sont beaucoup investis, les maîtresses et l’équipe de circonscription », a déclaré la directrice Anaïs Licari. « Je remercie la directrice de l’école d’avoir accepté notre invitation et d’avoir collaboré à cet événement. La laïcité garantit la liberté de conscience, de croire ou non et l’expression des valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité. La laïcité n’est pas seulement une loi, elle s’apprend, c’est une éducation : on ne naît pas laïque, on le devient », a ajouté Arlette Gau, présidente de la délégation DDEN du Tarn, avant d’offrir elle aussi un chèque de 150 €.

Geneviève Gout, inspectrice de l’Éducation nationale de la circonscription : « À travers cet arbre on pourrait retrouver les élèves et enseignants des 43 écoles de la circonscription, rassemblés ici autour d’une valeur : la laïcité. Ce cadre qui nous protège et permet à chacun d’avoir une liberté individuelle, compensée par l’égalité et la fraternité.

Source : La Dépêche
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