Trois ans après la mort de Florent Basso aux fêtes de Saint-Amans-Soult, le procès débute ce lundi

Trois ans après la mort de Florent Basso aux fêtes de Saint-Amans-Soult, le procès débute ce lundi
image Trois ans après la mort de Florent Basso aux fêtes de Saint-Amans-Soult, le procès débute ce lundi

l’essentiel Tué à coups de couteau le dimanche 18 août 2019 en pleine nuit de fêtes dans le Tarn, Florent Basso, 35 ans, laisse derrière lui une famille meurtrie. L’accusé de 24 ans, qui reconnaît les faits, est jugé à partir de demain pour meurtre aux assises d’Albi.

À l’entrée du café de la Croix blanche à Saint-Amans-Soult, à l’angle du comptoir sur la droite, son portrait est accroché au mur au-dessus de sa place habituelle. Matin ou soir, avant ou après son travail chez Terreal, Florent Basso, 35 ans, venait tous les jours prendre un café, lire La Dépêche du Midi et L’Equipe, lui, le fan de foot. La Croix-Blanche pour une croix noire sur le calendrier 2019 à la date du 18 août où le père de famille originaire d’Albine a été tué à coups de couteau par Jean-Bertho Jerpan, pendant la fête de Saint-Amans-Soult. Le procès de l’accusé jugé pour meurtre débute ce lundi aux assises d’Albi, jusqu’à mercredi.

« Florent avait le cœur sur la main, c’était un gosse du village. Il était touchant, il ne méritait pas ça », confie Florence, la patronne du bistrot depuis 15 ans, qui laisse échapper une larme. « On en a passé des soirées karaoké, des soirées foot, des bons moments. Il est toujours présent avec nous (elle pointe le cadre photo), mais il nous manque, il laisse un très grand vide, et on pense fort à sa famille ». La douleur est encore vive dans la Vallée du Thoré, trois ans après une marche blanche en sa mémoire qui avait réuni environ 250 personnes.

Un couteau volé quelques minutes avant

La famille Basso assistera aux trois jours de procès dans l’espoir que « justice sera faite », pour apaiser une blessure encore fraîche. « Ça été très dur pour nous ses frères et sœur et nos parents dont la vie a été bousillée », témoigne son frère Jonathan.

En ce soir d’été 2019, c’est jour de fête à Saint-Amans. Jean-Bertho Jerpan, jeune homme de 21 ans originaire d’Haïti, alors en formation professionnelle à Albi, suit des amis jusque dans la vallée. L’alcool fort coule à flots, beaucoup trop même. D’après les témoins interrogés au cours de l’enquête, complètement ivre, il se met à invectiver avec agressivité des personnes, quand une bagarre éclate, puis une suivante avec Florent Basso, qui cherchait à défendre un ami et ses proches. « Il a voulu tout faire pour protéger ses enfants et Céline », ajoute son frère.

Maîtrisé au sol, l’agresseur finira par se relever, sortir de son caleçon un couteau, volé quelques minutes avant au niveau de la buvette, et s’en prendre au père de famille. Jusqu’à le tuer. Dans les rixes, trois autres participants sont blessés avec la même arme. Quand arrivent les gendarmes vers 2h, la foule de 200 personnes est agitée. Pour Florent, malgré la tentative de massage cardiaque d’un pompier, c’est trop tard. Dans la vallée, tous les soutiens de l’Albinol prônent qu’il est « mort en héros ».

« Une peine humaine »

Florent aimait la vie, Céline l’amour de sa vie, sa famille, faire la fête, jouer à la pétanque, au foot. « C’était un bon vivant », poursuit Jonathan. « On a reçu et on reçoit encore beaucoup de soutien de la vallée. Ça nous aide ».
Les parties civiles seront représentées par les avocats David Cucullières, Thibault Terrie et Robin Senie Delon. Jean-Bertho Jerpan sera défendu par Me Morgane Dupoux. Cette dernière réclamera « une peine humaine » pour l’accusé de 24 ans, au passé tourmenté et qui a toujours reconnu les faits. « C’est une soirée où il est alcoolisé, il se fie aux témoignages des témoins et ne conteste rien. Ce qui va être important, c’est la personnalité de ce jeune homme », assure l’avocate toulousaine.

Source : La Dépêche
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