Affaire Jubillar : pour éviter les fuites, les téléphones seront interdits lors de la reconstitution de la nuit de la disparition de Delphine

Affaire Jubillar : pour éviter les fuites, les téléphones seront interdits lors de la reconstitution de la nuit de la disparition de Delphine
image Affaire Jubillar : pour éviter les fuites, les téléphones seront interdits lors de la reconstitution de la nuit de la disparition de Delphine

l’essentiel Prévu dans la soirée du mardi 13 décembre, le transport de la justice à Cagnac-les-Mines (81), dans l’affaire de la disparition et du meurtre de Delphine Jubillar, se fera sans téléphone portable. Une précaution qui suscite des remous.
 

Alors que la justice prépare en coulisse le transport sur les lieux, dans l’affaire Jubillar, la tension monte d’un cran. Prévue dans la soirée du mardi 13 décembre, à Cagnac-les-Mines (Tarn), la reconstitution judiciaire provoque déjà des remous depuis que les différentes parties du dossier ont reçu leur convocation provenant des deux juges d’instruction, Audrey Assemat et Coralyne Chartier.

Une mention en bas de page et en gras fait polémique : “Nous vous informons que les téléphones de l’ensemble des participants ne seront pas admis dans le périmètre de sécurité”. C’est dire le climat de confiance et de sérénité qui entoure l’instruction de ce dossier depuis la mise en examen de Cédric Jubillar, le 18 juin 2021, accusé du meurtre de son épouse, Délphine Jubillar.

Eviter les fuites et les enregistrements

L’injonction à déposer son téléphone vise surtout à éviter tout risque de fuites ou d’enregistrements dans une affaire ultra-médiatisée et dont on a, depuis le début, l’habitude de lire à livre ouvert, dans les médias, les bonnes pages du dossier d’instruction normalement couvert par le secret.

Fait rare, ces recommandations choquent une bonne partie des protagonistes du dossier mais elles n’ont rien d’extraordinaires. “En règle générale, le juge d’instruction assure la police de l’acte qu’il diligente. Et s’agissant d’un tel dossier aussi médiatique, il n’y a rien de surprenant, réagit le président de l’union syndicale des magistrats (USM), Ludovic Friat. Les juges sont maîtres de leur instruction et fixent les limites et les règles à appliquer. Une reconstitution est un acte d’instruction couvert par le secret et les téléphones portables constituent un risque puisqu’il peut y avoir des participants qui filment, qui commentent en direct… L’idée est d’éviter ce genre de chose”.

“Crispations supplémentaires”

Avocats et magistrats sont amenés à déposer leur téléphone dans des casiers, en prison, lorsqu’ils rendent visite à un détenu. En revanche, souligne une source judiciaire d’Occitanie, l’interdiction des téléphones lors de ce transport sur les lieux est de nature à créer “des crispations supplémentaires” dans un dossier qui n’en manque pas. A minima, la précaution peut être ‘maladroite’, argue la même source.

Joint, le bâtonnier de Toulouse, Pierre Dunac, s’étonne. “Que cette mesure s’adresse à des enquêteurs ou des témoins placés sous l’autorité des juges d’instruction, cela s’entend. Mais en aucun cas elle ne peut concerner des avocats qui n’ont aucun lien de subordination avec les juges. Un avocat doit pouvoir être joignable à tout moment. Ils n’ont donc pas à déférer à ce type d’injonction”.

Ce transport sur les lieux pourrait constituer la dernière étape judiciaire avant la clôture du dossier par les juges. Placé à l’isolement depuis 18 mois, à la maison d’arrêt de Seysses, Cédric Jubillar, 35 ans, reste le principal mis en cause dans le meurtre de son épouse de 33 ans disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines (Tarn). Son corps reste introuvable. Cédric Jubillar nie toute implication dans cette affaire malgré le faisceau d’indices qui le désigne comme le seul suspect.

Source : La Dépêche
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