Haute-Garonne. Georges Méric soigne sa sortie

Haute-Garonne. Georges Méric soigne sa sortie
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Dans les couloirs du Conseil départemental de Haute-Garonne, la nouvelle a « surpris » pas mal de monde. C’est en consultant le site internet de La Dépêche du midi qu’une partie du personnel a en effet appris, en début de matinée, le départ de leur président Georges Méric. « Le président n’est pas gravement malade, il part pour des raisons personnelles, familiales. Il avait dit qu’il n’irait pas au bout de son mandat », confie-t-on vers onze heures ce matin, dans l’entourage du président. Dans la journée, le chef de l’exécutif départemental s’est adressé à ses agents : « Grâce à votre mobilisation, nous avons pu réduire les fractures territoriales et répondre aux urgences sociales que les crises d’hier et d’aujourd’hui ont accentuées », s’est félicité l’élu.

En fin d’après-midi, il est revenu, face à la presse, sur les raisons de son départ. « Le temps fait son œuvre. J’aurai 75 ans dans quelques jours. Le médecin que je reste doit urgemment écouter son corps. Je dois m’occuper notamment de soucis cardiaques. Je sais aussi entendre les conseils de ma famille et de mes proches après 55 ans d’une vie professionnelle intense », confie le socialiste qui a démarré son militantisme au PS en 1967 et a remporté sa première élection en 1977. Georges Méric, qui veut « s’occuper de (ses) proches », « de (ses) petits-enfants », a aussi affirmé avec son style toujours très littéraire empreint de métaphysique, qu’il voulait « poursuivre sa quête philosophique ». « Je veux me préparer sereinement à la mort, qui est pour moi le néant », avoue le septuagénaire non-croyant. Georges Méric affirme avoir pris sa décision de départ « dès le début 2021, avant les dernières élections départementales ». Lorsque « (sa) majorité l’a fortement encouragé à se représenter », il aurait convenu avec sa famille de « s’arrêter au moment de son soixante-quinzième anniversaire ».

« Un combat idéologique face au tout-marché libéral »

L’élu a par la suite fait un bref bilan de son passage en tant que président du Département de Haute-Garonne. Il s’est notamment réjoui « de la sauvegarde de l’échelon départemental face à une métropolisation néolibérale », de « la mixité sociale renforcée dans les collèges », « des engagements plus forts pour la transition écologique » ou du développement de « la démocratie participative avec par exemple l’Assemblée citoyenne ». Avant de tirer sa révérence, il a aussi réaffirmé son soutien à la Nupes, croyant que « l’avenir de la gauche est dans son rassemblement » et dans « un combat idéologique face au tout-marché libéral ».

Georges Méric a soigné sa sortie avec un feu d’artifice de citations, avec notamment cette phrase de Marcel Proust « Combien de grandes cathédrales restent inachevées ? », qui est pour lui « un résumé de la vie politique » qui reste toujours « par essence inachevée ». Spinoza et Paul Éluard étaient aussi de la partie lors de cette conférence de presse où Georges Méric a fait part de « son émotion personnelle » « à quitter (son) équipe départementale avec qui il avait noué des liens forts ».

Une suite qui devrait s’écrire avec Sébastien Vincini

Sébastien Vincini a également pris la nouvelle « avec émotion » mais aussi « avec esprit de responsabilité ». Il est appelé, en tant que premier vice-président du Conseil départemental de la Haute-Garonne, « à assurer l’intérim de la présidence jusqu’au renouvellement de l’exécutif de la collectivité ». Le vice-président aux Finances, au numérique et à l’innovation « souhaite succéder à Georges Méric » mais attend que les militants socialistes de Haute-Garonne le désigne comme candidat officiel dans « les prochains jours de décembre ». Sébastien Vincini va présenter dans les prochaines heures sa démission de la mairie de Cintegabelle, « poste incompatible avec la direction d’un conseil départemental ». Il continuera cependant de siéger au sein du conseil municipal.

La présidente de la Région Occtanie a réagi dans la journée au départ de son camarade socialiste : « Depuis 2015, Georges Méric et sa majorité de gauche ont apporté la preuve que les départements jouent un véritable rôle de bouclier social dans nos territoires. Dans un contexte financier particulièrement contraint, en raison notamment de la baisse des dotations de l’État, Georges Méric a su renforcer les missions sociales du Département de la Haute-Garonne », a salué Carole Delga, qui assure que « la Région est et restera un partenaire du Département de Haute-Garonne ».

Matthias Hardoy

Sur la photo : Georges Méric, lors de sa dernière conférence de presse en tant que président du conseil départemental de Haute-Garonne. Crédit : P.P.

Source : ToulEco

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