Privée de la garde de son enfant, elle sombre dans l’alcool et finit en prison

Privée de la garde de son enfant, elle sombre dans l’alcool et finit en prison
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l’essentiel Une jeune femme a été condamnée par le tribunal d’Albi à 12 mois d’emprisonnement. En détresse psychologique depuis des années, elle multiplie les passages devant les juges.

« Il y a quelque chose d’infiniment triste et de pathétique dans ce dossier, on sera tous d’accord là-dessus », plaide Me Jérôme Vialaret. Sa cliente comparait une nouvelle fois pour conduite en état d’ivresse, malgré l’annulation de son permis de conduire. On lui reproche aussi d’avoir coupé son bracelet électronique.

La prévenue, une jeune femme d’une trentaine d’années, a des problèmes d’alcool depuis plusieurs années. Elle le reconnaît face au tribunal. « Je suis suivie, et j’essaye de respecter mes obligations. Mais là, ça n’allait plus », dit-elle.

Le 11 novembre dernier, la jeune femme, alors qu’elle a trop bu, appelle à plusieurs reprises le SPIP (services pénitentiaires d’insertion et de probation). Mais personne ne répond en ce jour férié. Elle appelle également les gendarmes pour partager sa détresse. Elle dit qu’elle est ivre, qu’il faut qu’on vienne la chercher.

Après plusieurs verres, la prévenue finit par se débarrasser de son bracelet électronique et prend le volant. Elle croise quelques minutes plus tard les gendarmes à Cagnac-les-Mines. Ces derniers la reconnaissent et l’arrêtent. Elle sera placée en garde à vue. « Je ne vais pas bien depuis que j’ai perdu mon enfant. C’est un enfant que j’ai perdu, pas un sac », ajoute-t-elle à la barre, s’exprimant avec clarté et aisance. « Il faut préciser, quand vous dîtes que vous avez perdu un enfant, vous en avez perdu la garde et il est avec son père », rectifie le président du tribunal.

Détresse psychologique

C’est effectivement depuis la perte de la garde de son enfant que la prévenue multiplie les allers-retours devant le tribunal. Elle a depuis 5 ans déjà été condamnée à 6 reprises pour conduite en état d’ivresse.

« Elle reconnaît les faits, mais elle n’a pas l’air de vouloir changer les choses. Il y a un suivi, certes, mais il faudrait peut-être penser à aller plus loin, à envisager une hospitalisation », insiste la procureure. Elle veut 15 mois d’emprisonnement avec un mandat de dépôt.

Me Vialaret appuie dans sa plaidoirie sur la détresse psychologique de sa cliente, sur les appels à l’aide répétés qu’elle fait en direction des institutions. « Quand elle est au plus mal, ce sont les gendarmes qu’elle appelle. Elle veut juste entendre quelqu’un. Si elle est guérie de son addiction, elle ne repassera jamais devant un tribunal ».

« On ne m’a jamais aussi bien défendue, je n’ai rien à ajouter », dit la prévenue en essuyant une larme en direction de son avocat.

Après un long délibéré, le tribunal a condamné la mère de famille à 12 mois d’emprisonnement, avec mandat de dépôt.

Source : La Dépêche
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