Albi : les agropellets de la RAGT vont chauffer le quartier de la Défense à Paris

Albi : les agropellets de la RAGT vont chauffer le quartier de la Défense à Paris
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l’essentiel Ragt-énergie, basée à Albi, a décroché un énorme contrat. C’est avec ses agropellets que l’ensemble du quartier de la Défense à Paris va être chauffé, remplaçant ainsi le fioul lourd.

Les premières études ont débuté en 2015. L’idée pour la société Idex qui assure l’ensemble du réseau du quartier de la Défense à Paris, est d’en finir avec un chauffage au fioul qui génère un taux de CO2 monumental.

À cette époque, on n’est pas encore dans la crise énergétique que nous connaissons. Mais la réflexion est là. Il faut changer de modèle. Elle se rapproche de la RAGT-énergie, filiale du grand groupe aveyronnais, pour trouver une solution avec une énergie durable et renouvelable.

« On s’est lancé très vite dans le projet. On a lancé notre marque de pellets avec « Calys », fabriquée à partir de déchets verts, paille de colza ou maïs, coque de noix, noyau d’olives, sarments de vignes, qui sont réalisés et transformés, ici à Albi. »

Le projet est de taille. Chauffer le quartier de la Défense à Paris. C’est 12 000 logements, 200 immeubles, des dizaines d’hôtels et 26 kilomètres de réseau. « Pour résumer, c’est le plus grand quartier d’affaires d’Europe », résume Matthieu Campargue, directeur de RAGT-énergie.

Personne dans l’Hexagone n’est capable de réaliser un tel tour de force technique. « Deux cuves devaient être converties en chaudières biomasse avec de nouveaux brûleurs », avoue le directeur. Il faut lancer les tests. « On est parti en Suède et en Finlande pour les premiers essais. » Ils sont concluants. Les mois passent. L’État français donne sa validation pour ce projet en 2020. Puis ce sont les travaux qui débutent autour des cuves, une transformation de voies pour accueillir les trains bondés de pellets. Tout une logistique se met en place.

Opérationnel dès cet hiver

« On a réussi. Cet hiver, la Défense sera chauffée par des agropellets de la RAGT. On vient de prouver que cette énergie peut gérer une zone très peuplée. » Un changement de cap qui va permettre de diminuer la facture. Le prix des granulés coûte un tiers du prix du Fioul.

Côté écologie, cette transformation va permettre une réduction annuelle de CO2 de 54 000 tonnes. Matthieu Campargue attire aussi l’attention sur le cercle vertueux de ces agropellets.

« Déjà, on utilise que des déchets agricoles qui n’impactent en rien nos champs et nos forêts. Ils sont produits en très grande majorité dans la région parisienne pour réduire l’impact carbone. Ces pellets sont transportés en train, pour éviter l’utiliser des camions dans une région déjà sursaturée par la circulation. Enfin, la cendre peut être réutilisée comme engrais non polluant pour les champs. »

La boucle est bouclée. « Enfin, cela permet de créer de l’emploi local » La RAGT-énergie ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. « Nous avons alimenté durant un mois, le réseau urbain de la ville de Paris. Le succès est là aussi au rendez-vous. On espère rendre pérenne ce marché. »

Le directeur ajoute. « Vous savez, notre système peut être mis en place rapidement dans une collectivité ou une entreprise. Il suffit d’avoir des cuves. On s’occupe du reste pour basculer vers une énergie durable et renouvelable. Notre période de test est aujourd’hui terminée. » La RAGT énergie aimerait bien progresser en Occitanie. « La région est en retard dans l’utilisation de la biomasse. On peut se positionner sur les grandes structures de l’agglomération toulousaine, mais aussi à la Verrerie d’Albi, gros utilisateur de gaz pour faire fonctionner leurs fours. » L’aventure des agropellets de la RAGT ne fait que commencer.

Source : La Dépêche
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