Croix gammée et celtique taguées à Bellevue : « ce n’est pas un acte isolé » dénonce un syndicat enseignant

Croix gammée et celtique taguées à Bellevue : « ce n’est pas un acte isolé » dénonce un syndicat enseignant
image Croix gammée et celtique taguées à Bellevue : « ce n’est pas un acte isolé » dénonce un syndicat enseignant

l’essentiel Après la découverte de croix gammée et celtique taguées devant l’entrée de la cité scolaire Bellevue à Albi, plusieurs organisations syndicales se disent inquiètes et veulent alerter les pouvoirs publics.

« Ce n’est pas un acte isolé ». Benoît Foucambert, secrétaire du syndicat FSU81, est inquiet. Au même titre que plusieurs organisations syndicales qui se sont émues vendredi 4 novembre après la découverte de tag xénophobe et homophobe aux abords de la cité scolaire Bellevue à Albi (LDH Tarn, Solidaires Tarn, CGT Tarn, FSU 81, NPA 81, La France Insoumise 81, ADECR 81).

« Heureusement, c’était pendant les vacances, les élèves n’ont rien vu. Mais cela a créé de l’émotion dans la communauté éducative », ajoute-t-il. Côté élèves, le message ne semble pas être passé… Les nombreux lycéens interrogés devant l’établissement lundi matin n’avaient pas entendu parler de l’incident. Les agents de l’agglo sont passés dans la journée de vendredi recouvrir les inscriptions qui sont apparues dans la nuit de mercredi à jeudi. « justice pour Lola », « Fuck LGBT », « Poutine Vite », « F. A. F », croix gammée, croix celtes, ont été taguées sur un mur et sur l’abribus devant l’établissement scolaire.

Courriers à la préfecture

« Cela fait plusieurs semaines, plusieurs mois, qu’il y a des distributions de tracts, des collages d’affiches dans la ville et devant les établissements scolaires par le groupe Patria Albigés, groupe à l’idéologie raciste et homophobe et aux pratiques violentes. Et là, nous franchissons une nouvelle étape », ajoute le responsable syndical.

« Il y a encore quelques semaines, ils étaient en opération de tractage devant le lycée Lapérouse. Ils se mettent en scène ensuite sur les réseaux sociaux. Leurs messages sont sans équivoque et ils appellent les jeunes à se défier de l’Education nationale. Nous avons d’ailleurs, au nom de la FSU, écrit à la préfecture à trois reprises pour leur faire part de nos inquiétudes. L’ex-députée Marie-Christine Verdier-Jouclas s’était elle-même émue de la présence de ce groupuscule à Albi auprès du ministre de l’Intérieur. » Trois courriers à la préfecture, datés du 21 novembre 2021, du 17 février et du 2 juin 2022. Et à nouveau vendredi 4 novembre dernier. « On dénonce, on interpelle, en attendant de voir des actes. On craint des incidents plus violents dans les prochaines semaines », ajoute Benoît Foucambert.

« Il y a une grosse inquiétude de notre part, de voir ainsi proliférer de manière aussi décomplexée ces pratiques et ces discours », réagit Bérengère Basset pour le syndicat Solidaires Tarn. « Il y a eu des agressions, on fait le constat qu’il y a une montée des pratiques violentes. Nous n’accusons pas le groupe Patria Albigès pour ces tags. Mais c’est le groupe qui s’affiche le plus, qui cible les lycées et même les collèges. Cela ouvre la porte à d’autres groupes voir même à des individus isolés qui se laissent ensuite aller à ce type d’actions que l’on vient de voir », dénonce la militante.

Rassemblement organisé

Jean-Luc Delerue, proviseur de la cité scolaire Bellevue, est catégorique. Depuis son arrivée en septembre 2021, aucun incident de ce type ne s’est produit. « Nous sommes extrêmement vigilants, et nos surveillants devant les grilles le sont également. Il n’y a pas de tractage devant nos portes sans autorisation. Quant aux tags, c’est une première » .

Le proviseur n’a pas déposé plainte, les inscriptions ayant été faites sur un mur privé à côté du lycée. Même s’il y avait « clairement une volonté de toucher les usagers du lycée », pour Benoît Foucambert. D’ailleurs, aucune plainte n’a été déposée, indique-t-on du côté de la police albigeoise.

Depuis lundi matin, un autre type de tractage a commencé devant les établissements scolaires. Les organisations syndicales appellent à un rassemblement le mardi 15 novembre à 18 heures sur la place du Vigan. « On doit s’opposer à ces groupes, en construisant notre réplique autour de thématiques sociales. À nous de proposer un autre modèle de société à notre jeunesse », conclut Bérangère Basset.

Source : La Dépêche
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