Tarn : elle jette de l’acide et tend un “piège” à l’huissière et aux policiers venus l’expulser

Tarn : elle jette de l’acide et tend un “piège” à l’huissière et aux policiers venus l’expulser
image Tarn : elle jette de l'acide et tend un "piège" à l'huissière et aux policiers venus l'expulser

l’essentiel Jet d’acide chlorhydrique par la fenêtre, “piège” à l’intérieur de la maison : une locataire de 51 ans est allée très loin pour tenter d’échapper à l’expulsion de son logement. Jugée ce vendredi à Albi en comparution immédiate, elle a demandé le renvoi de l’audience tandis que le tribunal a ordonné une expertise psychiatrique. 

Le 25 octobre dernier, une huissière de justice accompagnée d’un serrurier se présente en début de matinée devant une maison de la rue des Orfèvres à Albi, au-dessus des Arcades du Bondidou. Elle doit procéder à l’expulsion d’une locataire qui présente plus de vingt mois d’arriérés de loyer. 

Mais cette dernière ne compte pas les laisser faire. “N’y pensez même pas”, leur lance-t-elle à travers la porte. Cinq policiers arrivent en renfort et le serrurier commence à travailler sur la serrure de la porte d’entrée. Ils entendent alors le bruit d’une fenêtre qui s’ouvre au premier étage, au-dessus d’eux, et voient un liquide jaune qui s’écoule à travers les volets entrouverts. De l’acide chlorhydrique.

Une flaque d’acide devant l’entrée

Le liquide coule sur le mur puis tombe en pluie devant la porte d’entrée. Heureusement tout le monde s’écarte à temps. Pendant qu’un voisin amène un seau d’eau pour nettoyer la flaque d’acide qui s’est formée au sol, les policiers partent chercher un bélier. Lorsqu’ils reviennent, ils forcent la porte et pénètrent à l’intérieur. Ils ne sont pas encore au bout de leurs surprises. 

À quelques pas de l’entrée, au milieu de la pièce, une sorte de grande couverture est posée sur le sol. Elle cache un trou béant, qui donne accès à un réduit, rempli de bric et de broc, dont la trappe a été retirée. Mais les policiers évitent le “piège” et interpellent la locataire. À côté d’elle, ils retrouvent la bouteille d’acide chlorhydrique.

Placée en garde à vue puis en détention provisoire, elle est poursuivie pour outrage et violence contre une personne dépositaire de l’autorité publique, embuscade dans le but de commettre des violences et menace de mort contre l’huissière de justice, à qui elle a promis qu’elle “allait brûler”.

Amenée sous escorte vendredi après-midi au tribunal judiciaire d’Albi pour être jugée en comparution immédiate, elle a demandé le renvoi de l’audience afin de préparer sa défense. Dans le box des prévenus, elle reste souriante. Lunettes de soleil sur la tête et mains dans les poches, elle ne semble pas particulièrement inquiète, ni éprouver de remords.

19 condamnations depuis 2003

Face aux magistrats, elle affirme qu’elle attendait une proposition de relogement mi-novembre. “Ils ne veulent pas écouter, ils n’en font qu’à leur tête. Ils n’avaient qu’à attendre. Point barre”. Âgée de 51 ans, elle a déjà un casier judiciaire bien rempli avec 19 condamnations depuis 2003. Vols, escroqueries, faux et usage de faux, la liste est longue.

Son avocat, Me Boulet-Gercourt, a expliqué au tribunal qu’elle bénéficie de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), avec un taux de handicap de 80% qui semble être lié à une affection psychiatrique. Il a demandé aux magistrats d’ordonner une expertise. “La nature même des faits interroge sur son état”.

Le tribunal est allé dans son sens. Une expertise psychiatrique sera menée en attendant l’audience qui se tiendra le 6 décembre prochain. La prévenue, elle, est repartie au quartier pour femmes de la maison d’arrêt de Seysses où, suite à son arrestation, elle commence à purger une peine de 7 mois de prison, prononcée dans le cadre d’une autre affaire mais qui n’avait pas encore été exécutée. 

L’huissière s’est constituée partie civile, ainsi que les cinq policiers. “On ne souhaite qu’une chose, qu’elle soit condamnée à de la prison ferme, comme tout individu qui s’en prend aux policiers”, a réagi Patrick Batigne, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police.

Source : La Dépêche
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