Tarn : la fille de 12 ans qu’il “draguait” en ligne était en fait un gendarme

Tarn : la fille de 12 ans qu’il “draguait” en ligne était en fait un gendarme
image Tarn : la fille de 12 ans qu'il "draguait" en ligne était en fait un gendarme

l’essentiel Un commercial de 55 ans a été condamné mardi à 18 mois de prison, dont 9 mois avec sursis. Pendant près d’un mois, il avait envoyé des messages à caractère sexuel et proposé un rendez-vous à une ado de 12 ans rencontrée sur internet. Sans savoir qu’il discutait en fait avec des gendarmes de la section de recherches de Toulouse.

La discussion a commencé sur un site de rencontre le 15 septembre dernier, avant de vite basculer sur la plateforme de messagerie Discord. Lui est âgé de 55 ans. Commercial, marié depuis 30 ans, il a contacté le profil d’une jeune adolescente qui dit être âgée de 12 ans seulement.

Ils vont échanger des messages pendant près d’un mois. Dès le premier jour, l’homme lui demande une photo d’elle. Au fil des discussions, il se fait de plus en plus entreprenant, lui parle de bisous et de caresses sur ses parties intimes. Il lui dit qu’il va faire son éducation sexuelle et insiste pour la rencontrer, en s’assurant qu’elle ne raconte rien de leurs échanges à ses parents.

Un rendez-vous est finalement fixé dans un fast-food de Lavaur. Ils doivent ensuite aller “dans un coin tranquille”, à l’abri des regards. Mais lorsque l’homme arrive sur place le jour J, il tombe sur des gendarmes, qui l’interpellent et le placent en garde à vue.

“Je suis parti dans un délire”

Car l’ado de 12 ans n’existe pas : il s’agit en fait d’enquêteurs sous pseudonyme, des gendarmes de la section de recherches de Toulouse qui traquent les pédocriminels sur internet.

Placé en détention provisoire le 14 octobre dernier, l’homme, qui réside à Gaillac, a été jugé ce mardi par le tribunal correctionnel d’Albi. Il assure s’être rendu compte qu’il s’agissait d’un “fake” après avoir reçu fin septembre une photo dénudée de la supposée jeune fille. Pourquoi alors avoir continué, lui demande la présidente. “Je ne sais pas, je suis parti dans un délire”. 

“Mais lorsque vous avez pris contact avec elle le 15 septembre, vous pensiez vraiment que c’était une jeune fille de 12 ans ?”, relancent les magistrats. “Oui”, répond-il tout penaud.

“Il a fait ces propositions sexuelles en connaissance de cause”, explique le procureur d’Albi Stéphanie Bazart dans ses réquisitions. Elle demande une peine de deux ans de prison, dont 6 mois de sursis, ainsi qu’un suivi socio-judiciaire pendant 7 ans. 

L’avocat du prévenu, Me Delbosc, insiste de son côté sur le fait que son client, dont le casier est vierge, “n’est pas le salaud que l’on voit généralement dans ce genre de dossier” : la perquisition et l’examen de son matériel informatique – téléphone et ordinateurs – ont révélé l’absence de fichiers pédopornographique et de discussions avec d’autres mineurs. Il plaide donc pour un suivi socio-judiciaire comme peine principale, avec une obligation de soins.

Le tribunal a reconnu le prévenu coupable de l’ensemble des faits reprochés et l’a condamné à une peine de 18 mois de prison, dont 9 mois avec sursis, et un maintien en détention. L’homme sera convoqué dans les semaines qui viennent par le juge de l’application des peines pour fixer les modalités d’un aménagement sous bracelet électronique. À l’issue de sa peine, il aura un suivi socio-judiciaire pendant 3 ans, avec une obligation de soins et de travail. Il a également interdiction d’avoir une activité en contact avec des mineurs pendant 10 ans.

Source : La Dépêche
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